Histoire du Collier Ukrainien
Anna Mospan
Le collier Ukrainien créé par Anna Mospan
Yvan Franko
Lesya Ukrainka
Maria Prymachenko
Taras Chevtchenko
Hryhorii Skovoroda
HISTOIRE DU COLLIER UKRAINIEN
Ce beau collier, confectionné par Anna MOSPAN représente des figures clé du patrimoine culturel ukrainien.
Je l’ai acheté il y a un an parce qu’il me plaisait beaucoup, en ignorant la leçon d’histoire ukrainienne qui m’attendait!
Ce que j’ai découvert ce sont des personnages cl, é qui ont marqué la construction de l’identité des Ukrainiens aux trois derniers siècles.
La culture ukrainienne reflète la complexité d'une nation située entre l'Orient et l'Occident, façonnée par les influences polonaise, russe, autrichienne et ottomane, tout en conservant un caractère culturel propre.
Ces écrivains et artistes ont transformé l'oppression en art, utilisant la poésie, les romans, les essais et la peinture pour préserver la langue et la culture ukrainiennes à une époque où celles-ci étaient systématiquement menacées d'extinction.
IVAN FRANKO
Ivan Yakovych Franko, en ukrainien : Іван Якович Франко, est né le 27 août 1856 à Nahouievychi (UKR)et mort le 28 mai 1916 à l'âge de 59 ans dans la ville de Lemberg, aujourd'hui Lviv (UKR)..
Cet écrivain et poète ukrainien fut également critique littéraire et social, ethnographe, journaliste, économiste et militant politique ; démocrate révolutionnaire, il est le fondateur du Parti radical ukrainien, puis du Mouvement socialiste de Galicie.
Son œuvre personnelle monumentale d'un millier de titres et articles évolue entre un réalisme résolu et la poésie romantique et intimiste ; multilingue, on lui doit la traduction en ukrainien de Shakespeare, Dante, Hugo, Goethe, Schiller.
En 1962, la ville de Stanisławów en Ukraine occidentale fut renommée Ivano-Frankivsk en l'honneur de l'écrivain par les dirigeants de l'Union Soviétique.
Dans son ouvrage Quand les bêtes savaient encore parler, Ivan Franko met son talent au service des grands thèmes fabuleux à la jonction des imaginaires de l'Europe centrale et de l'Europe orientale.
Il y démontre son souci de servir l'enfance et l'éducation avec une grande maîtrise de la pédagogie et de l'imaginaire, touchant ainsi tous les publics de l'Ukraine, comme de l'Europe entière.
Quand les Bêtes savaient encore parler 20 contes et apologues, fables et égrégores traduits de l'Ukrainien :
https://www.labanniere-editeur.fr/l/cest-un-simple-article-de-blog/
LESYA UKRAINKA /Lessia Oukraїnka
Née 13 février 1871, à Novograd-Volynsky, Ukraine, Empire Russe [aujourd’hui Novohrad-Volynskyy, Ukraine]
Mort 19 juillet 1913, à Surami, Georgia, Empire Russe [aujourd’hui Georgia])
Lessia Oukraїnka (pseudonyme de Laryssa Petrivna Kossatch-Kvitka), écrivaine, traductrice, folkloriste, activiste publique et culturelle, et pionnière du mouvement féministe ukrainien, est l'une des figures de la culture nationale les plus reconnues dans le monde.
Avec ses réalisations littéraires, Lessia Oukraїnka explorait l'ethnographie et recueillait des matériaux sur des traditions populaires, notamment des mélodies folkloriques ukrainiennes. Elle en a enregistré 220, publié un ouvrage sur des jeux d'enfants, des chansons, des contes de fées, l’étude "Kupala à Volyn" (la fête du solstice d'été) et constitué le recueil "Chansons folkloriques pour la danse" (54 textes), ce qui l’a rendue une des premières dans le domaine des études ethniques en Ukraine, entre plusieurs autres réalisations.
Malgré ses douleurs permanentes et ses traitements difficiles, Lessia Oukraїnka menait la vie culturelle et sociale extrêmement active. Elle a rejoint des mouvements nationaux féministes ukrainiens, publié trois recueils de poésie à Lviv de 1893 à 1902, écrit plus d'une centaine de poèmes tout au long des années 1903-1913 lors de ses voyages à l'étranger. À la fin du XIX siècle, elle s’est tournée vers le théâtre, ce qui l’a menée à la création de plus d'une douzaine d'œuvres dramatiques et l'émergence d'un nouveau genre dans la littérature ukrainienne – des poèmes dramatiques, alias le drame en vers.
Parmi ses œuvres les plus célèbres, on peut citer des poèmes dramatiques "Les possédés", "Cassandre", "Rufen et Pryscylla", "La captivité babylonienne", "Le Seigneur de pierre", "Le chant de la forêt", ainsi que de nombreuses traductions des meilleurs extraits du discours littéraire écrits par G. G. Byron, Dante Alighieri, Homère, H. Heine, V. Hugo, W. Shakespeare, George Sand (Amantine Aurore Lucile Dupin), Maurice Maeterlinck, et bien d'autres. Parlant couramment 9 langues étrangères, Lessia Oukraїnka s'intéressait beaucoup aux sujets de la littérature mondiale et était étroitement liée à de nombreux auteurs reconnus de l'époque, avec lesquels elle discutait des questions fondamentales, telles que la solitude humaine, un manque tragique de compréhension, l'égalité des sexes et un isolement culturel des immigrants, la tolérance, l'amour et la mort, et ses visions de problèmes restent toujours appréciées et modernes.
https://www.unesco.org/fr/articles/lessia-oukrainka-la-voie-de-lamour-de-la-lutte-et-de-lespoir
MARIA PRYMACHENKO
Née 1908, à Bolotnya, 30 km de Chernobyl
Mort 1997 à Bolotnya
Figure majeure de l’art ukrainien, Prymachenko (1909–1997) a vu sa vie marquée par les guerres, la famine et la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui survient à 50 kilomètres de chez elle. Atteinte de la poliomyélite dès l’enfance, elle se tourne alors vers l’art de façon autodidacte et opte pour la broderie, la céramique et la décoration d’œufs traditionnels ukrainiens, les pysanky. Elle peint la façade de sa maison, puis les maisons du voisinage. Plus tard, elle se consacre plus sérieusement à la peinture après un séjour à Kiev où elle est invitée par le Musée national d’art d’Ukraine. En 1937, elle expose à l’Exposition universelle de Paris aux côtés de Pablo Picasso. En marge des grands circuits artistiques, son œuvre devient néanmoins un symbole de paix et de grand renom. Malgré sa popularité croissante, elle reste fidèle à sa communauté et continue de faire don de ses œuvres à ses proches. Elle ouvre également une école informelle pour enseigner l’art aux enfants de son village, dont son fils Fedir et son petit-fils Ivan.
Après sa mort en 1997 Prymachenko reçoit de nombreux hommages posthumes, notamment à travers l’édition de timbres célébrant ses œuvres et l’impression d’une pièce de monnaie ukrainienne à son effigie.
En 2022, le président Volodymyr Zelenskyy lui octroie le titre de Légende nationale.
La même année, son travail est présenté à la prestigieuse Biennale de Venise.
TARAS SCHEVCHENKO, LE GRAND KOBZAR
Né 1814 dans le village de Morintsy, actuellement situé dans la région de Kiev, mort en 1861.
Taras Grigorievich Shevchenko, surnommé le «Grand Kobzar», ce qui signifie le «Barde itinérant».
Shevchenko stands as Ukraine’s national poet, the foundational figure whose work established Ukrainian as a literary language worthy of serious artistic expression.
Il faisait partie d’une famille de serfs. À l’âge de 11 ans il devient orphelin, il quitte ensuite l’Ukraine à 17 ans lorsque Pavel Engelhard l’embauche pour venir travailler à Saint-Pétersbourg. On peut dire que c’est à partir de cette période qu’il commence à se faire un nom, puisqu’il y rencontre de nombreuses personnalités qui, comme lui, s’intéressent à la peinture et la poésie.
Artiste multi casquettes, il a notamment peint plus de 1300 toiles, qui s’inscrivent dans le mouvement romantique, mais c’est bien grâce à ses poèmes qu’il a connu le succès. Il les écrivait comme on peint une toile, chaque mot avait le reflet d’un ton, ce ton inspirait une émotion, l’interrogation prenait alors le relais vers une idée qui germait peu à peu dans le cerveau des lecteurs ukrainiens, à savoir obtenir un pays indépendant de l’empire des tsars, comme le montre un extrait de son poème «Testament» ci-dessous :
"(…) Quand je mourrai, enterrez moi
Dans une tombe au milieu de la steppe
De ma chère Ukraine,
De façon que je puisse voir l’étendue des champs,
Le Dniéper et ses rochers,
Que je puisse entendre
Son mugissement puissant.
Et quand il emportera de l’Ukraine
Vers la mer bleue
Le sang des ennemis, alors
Je quitterais les prairies et les montagnes
Et m’envolerai
Vers Dieu lui-même
Pour lui offrir mes prières
Mais jusque-là
Je ne connais pas de Dieu!
Enterrez moi et debout! [1] (…)"
Exilé du cadre familial par la force des choses, de sa liberté par le servage, puis de son pays pour des raisons politiques, on peut se demander comment les rêves, qui nourrissent chaque auteur, ne décident ils pas de prendre eux aussi le large lorsque l’individu ne dispose plus de son libre arbitre, et qu’il est tributaire de la volonté d’un pouvoir qui censure ses écrits.
L’exil comme affranchissement
Shevchenko n’a passé en tout et pour tout qu’un tiers de sa vie en Ukraine. Il est resté dans le servage jusqu’à l’âge de 24 ans, ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre son apprentissage durant quatre ans en compagnie du peintre Chiriaïev. Taras Schevchenko esquisse les statues des jardins impériaux de la capitale russe de l’époque. Il fait aussi la connaissance de nombreux artistes.
Grâce à eux, il peut rencontrer Karl Bryullov, et avec l’aide du poète Vasily Joukosvski ils organisent un stratagème pour lui redonner sa liberté : Byrullov a peint un portrait de Joukosvski [2], considéré comme le précurseur du romantisme russe, puis l’a vendu pour 2500 roubles ce qui a permis à Shevchenko de s’affranchir le 5 mai 1838.
https://revuedestemps.com/index.php/2023/12/03/taras-schevchenko-le-grand-kobzar/
Ouest-France. Anne KIESEL. Publié le 05/07/2022
Les poèmes de Taras Chevtchenko, traduits par Eugène Guillevic, refont surface dans un livre réédité. | EDITIONS SEGHERS
« Notre âme ne peut pas mourir,/La liberté ne meurt jamais. » Taras Chevtchenko, poète et héros national ukrainien, écrivait ces vers en 1845. Le poème s’appelle Caucase : « Un massif montagneux entouré de nuages,/Tout couvert de chagrin, tout arrosé de sang. »
Le 24 février, … quand Vladimir Poutine a décidé d’envahir l’Ukraine, il n’existait qu’une seule publication en français de ce monument littéraire, adulé dans son pays : Kobzar, chez un petit éditeur, Bleu et jaune.
Ouvrage réédité
Un ouvrage pourtant lui avait été consacré, en 1964, dans la collection « Poètes d’aujourd’hui », traduit par Eugène Guillevic, épuisé depuis des lustres. Le voici judicieusement réédité. « C’est là-bas que Nous, le Clément,/Avons surpris la liberté/Qui vivait nue et affamée/Et nous la pourchassons là-bas./Beaucoup de soldats y sont morts./Combien de pleurs ?/Combien de sang ? » On a le cœur serré en pensant à Sievierodonetsk et Marioupol.
Dans une écriture de son temps (on est en plein XIXe, il est né douze ans après Victor Hugo), avec une ampleur qui ne craint pas les épopées, Taras Chevtchenko nous touche. Dans sa préface, André Markowicz rappelle qu’en 1964 le choix de textes de cette anthologie avait été réalisé avec l’aide directe du Parti communiste français (dont le traducteur, Guillevic, était membre) et de l’URSS…
Notre âme ne peut pas mourir, éditions Seghers, 128 pages, 14 €
HRYHORII SKOVORODA
Né le 3 décembre 1722 à Tchornoukhy, aaujourd’hui dans l’oblast de Poltava (gouvernement de Kiev, à l’époque dans l’empire russe)
Mort le 9 novembre 1794 dans le village d’Ivanivka (aujourd'hui Skovorodynivka), dans la région de Kharkiv.
Philosophe, poète, professeur et compositeur ukrainien.
Hryhorii Skovoroda a reçu son éducation à l’Académie de Kyiv-Mohyla, où il s’est intéressé à la philosophie et à la littérature classique. Il a travaillé dans divers domaines : comme tuteur privé et enseignant, mais a rejeté une carrière officielle et a choisi le chemin du philosophe errant.
Tout au long de sa vie, il a voyagé à travers l’Ukraine, enseignant aux gens et promouvant des idées de liberté, d’harmonie avec la nature et de bonheur intérieur. Cette activité errante lui a valu le surnom de “Socrate ukrainien”.
Son héritage reste pertinent aujourd’hui, car il contient des réflexions profondes sur le sens de la vie, la moralité humaine et les valeurs spirituelles.
Points Philosophiques
Concept de “Travail Connexe”
Skovoroda croyait que chaque personne a sa vocation naturelle (travail connexe) qui apporte le vrai bonheur.
Il rejetait la richesse matérielle comme objectif de la vie et mettait l’accent sur l’importance de la connaissance de soi.
Idée d’Harmonie et de Liberté Spirituelle
Il prônait une vie conforme aux lois naturelles, la liberté intérieure et l’indépendance par rapport aux circonstances extérieures.
Le philosophe croyait que le vrai bonheur ne se trouve qu’en soi-même, pas dans les biens matériels.
Motifs Bibliques dans Son Œuvre
Sa philosophie est profondément liée au christianisme, mais il interprétait la religion à travers le prisme de la moralité personnelle et de la dignité humaine.
Héritage Littéraire
Skovoroda a laissé un grand nombre d’œuvres, dont :
“Le Jardin des Chansons Divines” – un recueil de poèmes qui combine des thèmes religieux et des réflexions philosophiques.
“Fables de Kharkiv” – des œuvres allégoriques qui contiennent des leçons morales profondes.
Traités philosophiques, parmi les plus célèbres “La Conversation, appelée l’Alphabet, ou le Manuel de la Paix” et “Narcisse. Une Conversation sur la Connaissance de Soi”.
Influence sur la Culture Ukrainienne
Skovoroda a jeté les bases de la pensée philosophique ukrainienne et a influencé le développement de la littérature et de la pédagogie. Ses idées ont inspiré des figures des XIXe et XXe siècles comme Panteleimon Kulish, Taras Shevchenko et Ivan Franko.
Sa sagesse de vie et ses enseignements sont toujours pertinents aujourd’hui, car ils appellent à l’autoconnaissance, à la moralité et à la recherche de l’harmonie dans la vie.
Les troupes russes détruisent le musée Hryhorii Skovoroda
Le 3 mai 2022
Pendant la nuit, les troupes russes ont détruit le Musée national littéraire et commémoratif de Hryhoriy Skovoroda dans le village de Skovorodynivka lors d'un bombardement. Le feu n'a été éteint qu'à 8 heures du matin, avec 280 mètres carrés brûlés.
https://before-war-after.com/fr/nouvelles/les-troupes-russes-detruisent-le-musee-hryhorii-skovoroda